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Dommage corporel: contester ou négocier une offre d’indemnisation

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La dernière étape du processus d’indemnisation d’un accident corporel, quelqu’il soit (faute médicale, accident de la circulation, accident de la vie, à l’exception des agressions qui relèvent uniquement de la CIVI), est la phase de l’indemnisation du préjudice, c’est-à-dire l’envoi d’une offre d’indemnisation du responsable ou de son assureur, lorsqu’une solution amiable est recherchée par l’une ou les deux parties.

Cette offre ne peut intervenir qu’après une expertise médicale complète. Sans expertise médicale, il est impossible d’évaluer les préjudices corporels, comme il a été vu dans de précédents articles.

Le débiteur de l’obligation, généralement la compagnie d’assurances, propose une offre d’indemnisation pour l’une des deux raisons suivantes:

– La loi lui impose d’adresser une offre d’indemnisation dans les cinq mois suivant sa connaissance de la date de consolidation de la victime, dans le cas d’un accident de la circulation, suivant la loi dite « Badinter » de 1985

– Il cherche à transiger afin d’éviter une procédure judiciaire

Pour ces raisons, l’offre d’indemnisation effectuée par le responsable ou son assureur, ou par l’assureur qui garantit les conséquences d’un accident de la vie, est généralement inférieure à ce qu’est en droit d’obtenir son bénéficiaire.

S’agissant d’une procédure purement amiable à ce stade, il est généralement possible de négocier l’offre d’indemnisation ou de revoir l’entier processus d’indemnisation, notamment l’expertise, lorsqu’elle n’a pas été contradictoire.

1) Négocier l’offre d’indemnisation

Le débiteur de l’obligation, en adressant une offre d’indemnisation, souhaite généralement éviter une procédure judiciaire qui lui couterait plus cher.

Il est donc généralement possible, et recommandé, d’adresser une contre-proposition.

Cette contre-proposition peut porter à la fois sur les responsabilités, lorsque l’assureur propose un partage de responsabilités avec une limitation de l’indemnisation (généralement dans le cas du conducteur victime qui aurait commis une faute de conduite partiellement à l’origine de l’accident). L’exemple type est celui du conducteur d’une moto qui circule entre les voies de circulation dans les embouteillages, et qui est percuté par un véhicule qui déboite devant lui. Il s’agit d’une situation dont les responsabilités sont établies par la jurisprudence mais les assureurs oublient parfois les décisions des tribunaux pour proposer un partage de responsabilité très défavorable.

La contre-proposition portera aussi sur l’indemnisation de chaque poste de préjudice. Toutefois il faudra éviter de solliciter un montant global sans spécifier le détail pour chaque poste de préjudice. L’indemnisation du préjudice corporel est un domaine spécifique et chaque poste de préjudice s’indemnise de façon indépendante en fonction des constatations médicales, des barèmes informels, des décisions jurisprudentielles, de l’âge de la victime, de son métier…Il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’un assureur revoit son offre à la hausse sans justifier des demandes pour chaque poste de préjudice.

L’inconvénient pour le profane est qu’il ne pourra pas obtenir une offre d’indemnisation conforme à ce qu’il est en droit d’obtenir, ne pouvant justifier ses demandes pour chaque poste de préjudice et démontrer par la même occasion que les montants proposés par l’assureur sont trop faibles. Le simple fait de contester l’offre ne suffit généralement pas.

Il est à noter que les indemnisations ne sont pas toujours négociables, même pour un professionnel, de la même manière, en fonction de l’interlocuteur. Les assureurs peuvent parfois s’aligner sur les montants attribués par les tribunaux. En revanche, l’ONIAM est lié par ses barèmes réglementaires et la marge de revalorisation de l’offre est très faible. Enfin, les responsabilités de la personne publique sont rarement l’objet d’une transaction.

2) Revoir l’entier processus d’indemnisation

Lorsque l’expertise n’a pas été contradictoire, c’est-à-dire que le blessé a été examiné par le médecin-conseil de l’assureur sans être assisté, les conclusions du rapport médical ne lui sont généralement pas favorables.

En effet, il s’agit là d’une évaluation dite non-contradictoire: l’assureur est représenté par un professionnel (le médecin-conseil), alors que la victime n’est pas assistée et est donc incapable de faire valoir ses droits.

L’offre d’indemnisation est alors calculée sur une évaluation médico-légale faible.

Dans cette hypothèse, il peut être préférable d’organiser une nouvelle expertise en étant cette fois assisté par un médecin-conseil, pour être certain que les postes de préjudice ont été correctement évalués.

Ceci est indispensable dans l’hypothèse des accident les plus graves et des grands blessés, car l’écart entre l’offre d’indemnisation et ce à quoi peut prétendre la victime est souvent abyssal. Il est préférable d’être parfaitement défendu sur l’évaluation du besoin en aide humaine et du préjudice professionnel, les postes de préjudices les plus coûteux pour les assureurs.

Les assureurs n’accèdent pas toujours à la demande d’expertise contradictoire, bien qu’elle soit parfaitement fondée. Le recours à une expertise médicale judiciaire en référé est alors inévitable, et les tribunaux l’accordent très généralement pour respecter le principe du contradictoire.

Ceci entraine un report de l’indemnisation souvent nécessaire pour être pleinement indemnisé.

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Contester un rapport d’expertise : comment faire?

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Bien souvent les conclusions rendues par un expert de compagnie d’assurances ou un expert judiciaire sont défavorables pour la victime qui peut donc souhaiter les contester.

Il faut d’abord savoir qu’un rapport d’expertise ne lie pas un magistrat et ne constitue qu’un élément parmi d’autres lui permettant de rendre une décision.

Il est toutefois forcément très influencé par un expert.

Par conséquent la contestation d’un rapport médical ne signifie par forcément que l’on sollicite une contre-expertise.

Il convient de distinguer à ce stade un rapport du médecin-conseil de compagnie et celui d’un expert judiciaire.

1 – Contester un rapport d’expertise judiciaire

L’expert judiciaire dispose souvent d’une autorité liée à sa fonction et son rapport, s’il résulte d’une réunion contradictoire, ne peut être contesté que s’il comporte des erreurs manifestes.

Ces erreurs peuvent être mises en évidence par le rapport d’un autre médecin ou par le demandeur s’il arrive à le démontrer à l’aide de son dossier médical.

Le juge peut toujours accéder à une demande de contre-expertise si les éléments produits laissent planer un doute sérieux quant à l’exactitude de ses conclusions.

Le juge peut également estimer que les conclusions de l’expert judiciaire sont inexactes et en retenir d’autres dans son jugement. Par exemple, l’expert judiciaire a pu estimer qu’un requérant ne subit pas de préjudice professionnel, quand le magistrat estimera le contraire.

2 – Contester un rapport de médecin-conseil

La tâche est bien plus simple si le rapport n’est pas contradictoire. Dans ce cas, il n’a aucune valeur devant un magistrat et il suffit de solliciter une expertise contradictoire à l’amiable ou au judiciaire.

Si le rapport est contradictoire, il est également possible de solliciter une expertise judiciaire si le requérant démontre qu’il n’était pas correctement défendu ou si les médecins-conseils n’ont pas trouvé d’accord dans les conclusions.

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Qu’est-ce que le déficit fonctionnel permanent?

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L’un des éléments les plus déterminants pour l‘indemnisation d’une victime de dommage corporel, si ce n’est le plus important, est le déficit fonctionnel permanent.

En effet, de lui dépend un nombre important d’autres postes de préjudice indemnisables.

Il se définit comme les séquelles résultant de l’accident corporel, c’est-à-dire le déficit de la victime devenu irréversible. Il est déterminé après la consolidation.

A ce stade, l’état de santé est censé être stable de sorte qu’il est ainsi possible de chiffrer ce déficit de façon définitive.

1 – La détermination du déficit fonctionnel permanent

Le déficit fonctionnel permanent ne peut être déterminé que par un médecin diplômé de réparation juridique du préjudice corporel, c’est-à-dire un médecin-conseil de compagnie d’assurance ou de victime, ou un expert judiciaire (ou de CRCI).

Il s’agit là d’un chiffrage de droit commun qui est sans relation avec un taux d’incapacité fixé par les organismes sociaux.

Les médecins habilités à chiffrer le déficit fonctionnel permanent ne le font pas au hasard, ni même de façon plus ou moins approximative. Ils se servent du barème officiel du concours médical, indicatif d’évaluation des taux d’incapacité en droit commun.

Tous les déficits sont pris en compte: orthopédiques, psychiatriques, ophtalmologiques…

Bien souvent ils sont amenés à se cumuler. Des règles de calcul spécifiques existent en la matière. Par exemple, un taux de déficit fonctionnel de 5% d’un point de vue ORL ne s’additionne pas avec un taux de déficit fonctionnel de 10%  d’un point de vue neurologique, de sorte que le taux d’ensemble n’est pas nécessairement de 15%.

Autre exemple, la règle de Gabrielli impose un chiffrage majoré en cas de certaines atteintes symétriques. Par exemple, l’amputation du tiers moyen d’un membre inférieur engendre un déficit d’en général 30%, mais l’amputation des deux jambes à ce niveau ne constituera pas un déficit fonctionnel de 60%, mais bien supérieur puisque l’impact sur les fonctions motrices sera alors plus grave que la simple addition du déficit de chaque membre.

2 – L’incidence du taux de déficit fonctionnel permanent sur l’ensemble des préjudices indemnisables

Bien souvent le taux de déficit fonctionnel permanent, qu’il résulte d’un accident de la circulation, d’un accident médical ou de tout autre type d’accident corporel, conditionne l’ensemble de l’indemnisation de la victime.

L’impact professionnel, en premier lieu, puisqu’il dépend principalement des séquelles résultant de l’accident. Ainsi, suivant l’importance de son déficit, une victime peut ne subir aucun préjudice professionnel, ou une pénibilité, une dévalorisation, un aménagement de poste, la nécessité d’un temps partiel voire une inaptitude définitive au métier exercé antérieurement ou à tout autre métier.

Le taux de déficit fonctionnel permanent aura également éventuellement une incidence sur le préjudice d’agrément, le préjudice sexuel, le préjudice d’établissement, l’assistance par tierce personne, etc.

Le magistrat chargé de déterminer l’indemnisation, tout comme la compagnie d’assurances qui évalue les préjudices pour adresser une offre d’indemnisation, se réfèrent systématiquement à ce taux pour évaluer les autres postes de préjudice.

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Dommage corporel: l’expertise médicale

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En matière d’indemnisation du préjudice corporel, l’une des étapes essentielles, si ce n’est la plus importante, est celle de l’expertise médicale.

En effet, le préjudice corporel d’une victime ne peut être chiffré que sur la base des conclusions médicales d’un ou plusieurs médecins diplômés de réparation du dommage corporel.

1- La mise en place de l’expertise médicale

L’expertise médicale peut se faire dans un cadre unilatéral (le conseil de la victime mandate un médecin-conseil qui évalue les préjudices de façon non contradictoire), dans un cadre amiable contradictoire (les deux parties mandatent chacune un médecin-conseil afin d’évaluer les préjudices dans le cadre d’une réunion contradictoire), ou dans un cadre judiciaire (l’une des parties sollicite la désignation d’un expert judiciaire, généralement suite à un différend, afin que ce dernier évalue les préjudices de la victime).

En principe, l’expertise peut se faire dans un cadre amiable, lorsqu’il n’y a pas contestation intégrale du droit à réparation. Dans ce cas, la compagnie d’assurance du responsable a tout intérêt à accepter la demande d’expertise, voire à la diligenter. Ceci lui permet de garder un certain contrôle sur les conclusions qui seront rendues par les médecins-conseils, puisque l’un d’eux est mandaté par elle. Mais cela lui permet également d’éviter les coûts engendrés par une procédure en référé au tribunal (frais d’expertise qui resteront généralement à sa charge à la fin de l’affaire, frais d’avocat, voire indemnisation des frais d’avocat adverse par le biais de l’article 700 du Code de procédure civile).

L’avantage d’une expertise amiable pour la victime est également de garder un contrôle sur les conclusions du rapport. En effet, chacune des parties peut parfaitement refuser de donner son accord sur les évaluations de la partie adverse. Il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que d’un cadre amiable et qu’il est possible d’en sortir dès que les événements ne sont pas favorables. Ainsi, le médecin-conseil de la victime, comme celui de la compagnie d’assurance, peut refuser de s’aligner sur l’évaluation de la partie adverse.

En outre, l’expertise amiable permet généralement de gagner du temps. En cas d’expertise judiciaire, il faut compter environ 2 à 4 mois (envoi de l’assignation, date d’audience un à deux mois plus tard, délai d’un à deux mois pour l’ordonnance du Président du tribunal) pour obtenir la désignation d’un expert judiciaire qui, parfois, convoquera les parties 3 à 6 mois plus tard, et rendra son rapport en autant de temps.

2- Le déroulement de l’expertise médicale

L’expertise médicale, qu’elle soit amiable ou judiciaire, se déroule généralement de la manière suivante:

  • Le ou les experts retracent l’historique des faits et le suivi médical jusqu’au jour de l’expertise
  • Ils procèdent à un examen médical
  • Ils discutent de la question de la responsabilité (en matière de responsabilité médicale) ou de la question de l’imputabilité, si la question leur est posée
  • Ils discutent de l’évaluation médico-légale des préjudices

L’apport du médecin-conseil est essentiel. En effet, le médecin-conseil de la compagnie d’assurances, s’il examine seul la victime, aura une (très) forte tendance à évaluer à la baisse les préjudices, voire à oublier certains postes de préjudice (préjudice d’agrément, préjudice sexuel, incidence professionnelle, préjudice d’établissement, aménagement du domicile…soit, souvent, les préjudices les plus coûteux pour la compagnie).

Le médecin-conseil de la victime permet de contre-balancer l’évaluation de la partie adverse, aboutissant, en cas d’accord, à une évaluation théoriquement juste des préjudices.

L’avocat intervient parfois pour certains postes de préjudice les plus importants: incidence professionnelle (pénibilité, inaptitude, dévalorisation), assistance par tierce personne, aménagement du domicile, etc. Mais il ne participe que peu à la discussion sur le chiffrage des postes à caractère extra-patrimonial tels que le déficit fonctionnel permanent ou le préjudice esthétique (sauf erreur manifeste des médecins, ou oubli d’une partie des préjudices).

Lorsque la réunion d’expertise est organisée dans un cadre judiciaire, elle se déroule en fonction de la façon de travailler de l’expert judiciaire. Les experts judiciaires ne procèdent pas tous de la même manière, et sont plus ou moins directifs. Certains souhaiteront contenter les deux parties, tandis que d’autres imposeront leur propre évaluation. Le rôle des conseils de chaque partie est alors de tenter de l’influencer, voire le faire changer d’avis.

Il convient de signaler qu’en matière d’expertise amiable, ou en matière d’expertise judiciaire si la mission de l’expert le permet, il est possible de solliciter l’avis d’un médecin d’une autre spécialité. Ceci est particulièrement fréquent tant dans le cadre de l’évaluation des préjudices que de la question de la responsabilité médicale.

Ainsi, si les médecins-conseils ou l’expert désignés ont pour mission d’évaluer les séquelles orthopédiques de la victime, et qu’il semble que celle-ci présente des séquelles relevant d’une autre spécialité (par exemple, psychiatrique ou neurologique), ils pourront désigner un ou plusieurs sapiteurs afin de solliciter une évaluation relevant de leur spécialité. Une nouvelle réunion, dite de synthèse, aura lieu lorsque ces derniers auront rendu leur rapport afin de globaliser les préjudices. L’apport des conseils des victimes est ici essentiel, car le recours à un médecin d’une autre spécialité aura généralement pour incidence d’augmenter les préjudices de la victime (ce qui n’est pas dans l’intérêt du débiteur).

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Dommage corporel, le processus d’indemnisation

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Quelle que soit l’origine de l’accident corporel, la phase d’indemnisation suppose trois éléments, selon les grands principes du droit à réparation du Code civil:

  • l’évaluation des préjudices subis par la victime
  • un fait générateur de responsabilité ouvrant droit à réparation, c’est-à-dire: 1) de façon quasi-automatique en cas d’accident de la route (sauf faute de conduite pouvant diminuer le droit à réparation), ou lorsque la victime bénéficie d’une garantie accidents de la vie privée, ou 2) après avoir démontré la faute d’un tiers ou la présence d’une hypothèse ouvrant droit à réparation comme décrit dans l’article précédent
  • un lien de causalité entre le fait générateur et le préjudice subi, ce qui, en matière de préjudice corporel, n’est généralement pas difficile à démontrer à l’aide des pièces médicales (sauf en matière de responsabilité médicale).

La procédure d’indemnisation suppose, avant toute chose, que le droit à réparation soit reconnu ou certain. En effet, le responsable ou son assureur n’organiseront pas une expertise médicale s’ils contestent devoir indemniser la victime. En matière d’accident de la circulation ou d’agression, il est souvent nécessaire d’obtenir le procès-verbal de la police afin d’éclairer les circonstances dans lesquelles est survenu l’accident. Les compagnies d’assurance reçoivent en principe le procès-verbal dans les trois mois de l’accident et ont l’obligation de l’adresser à la victime lorsqu’elle en fait la demande.

Il est toujours possible de solliciter une expertise médicale judiciaire devant le Président d’un tribunal de grande instance en référé (procédure accélérée qui fera l’objet d’un article spécifique), mais les frais d’une telle procédure sont généralement à la charge de celui qui l’engage. Il est donc préférable d’être certain de pouvoir être indemnisé.

Lorsque le principe de l’indemnisation est acquis, il est procédé à un examen médical devant impérativement être contradictoire, c’est-à-dire organisé par les 2 parties et avec la présence de 2 médecins-conseils. En effet, la phase de l’expertise médicale est primordiale, et un examen unilatéral (par exemple, par le médecin-conseil de la compagnie d’assurance du conducteur responsable) n’aura aucune valeur, que ce soit dans le cadre d’une négociation ou devant un magistrat (l’expertise médicale fera l’objet d’un article spécifique).

En pratique, en matière d’accident de la circulation, les compagnies d’assurance mandatent leur médecin-conseil qui procédera à une expertise médicale de la victime. Si celle-ci n’est pas conseillée, elle sera examinée par ce seul médecin, et la compagnie se basera donc sur le rapport de celui-ci pour lui adresser une offre d’indemnisation.

En matière de responsabilité médicale, le responsable et son assureur n’organiseront que très rarement une expertise, laissant à la victime le soin de démontrer la responsabilité du praticien ou de l’établissement de santé par le biais d’une expertise judiciaire à sa charge. Il existe dans cette matière spécifique la possibilité de saisir les CRCI (Commissions régionales de conciliation et d’indemnisation) pour obtenir la désignation d’un expert médical et, éventuellement, une offre d’indemnisation (cette procédure fera l’objet d’un article spécifique).

Au cours d’une procédure d’indemnisation, les compagnies d’assurance doivent proposer des provisions aux victimes avant ou de façon concomitante à l’expertise. Ces provisions sont destinées à faire patienter la victime dans l’attente d’une indemnisation définitive, et sont généralement d’un faible montant compte-tenu du fait que le dommage n’est pas encore chiffré (la provision fera l’objet d’un article spécifique).

A la suite de l’expertise médicale, deux hypothèses se présentent:

  • la victime est dite consolidée, c’est-à-dire que son état n’est en principe plus susceptible d’évoluer. Elle présente parfois des séquelles qu’elle conservera par la suite. Dans cette hypothèse, le préjudice est désormais chiffrable et il est possible de procéder à ce qui est appelé la liquidation de ses préjudices (sous réserve d’une aggravation éventuelle permettant de ré-ouvrir le dossier, ce qui fera l’objet d’un article spécifique).
  • la victime n’est pas consolidée, c’est-à-dire que ses lésions évoluent. Il n’est pas encore possible d’évaluer son dommage. Son préjudice ne peut donc pas être chiffré pour le moment. Néanmoins, les experts doivent en principe établir un ordre d’idée de ce que pourraient être ses dommages futurs, ce qui permet à la victime d’obtenir, le cas échéant, une nouvelle provision, dans l’attente de sa consolidation. Une nouvelle expertise sera organisée ultérieurement, lorsque la victime sera consolidée (l’étape de la consolidation sera l’objet d’un prochain article spécifique).

La phase de la liquidation des préjudices suit celle de l’expertise. Il s’agit alors de chiffrer chacun des préjudices subis. La nomenclature dite « Dintilhac » liste les préjudices pouvant faire l’objet d’une indemnisation. Elle n’est pas obligatoire (ce n’est pas une loi ou un règlement), mais est désormais communément utilisée par tous les tribunaux français. La liste des préjudices évolue avec la jurisprudence de la Cour de cassation (ils feront l’objet d’articles spécifiques).

A noter ici que les phases de l’expertise médicale et de l’indemnisation des préjudices peuvent se faire à titre amiable, lorsque le principe du droit à réparation est admis (principalement en matière d’accidents de la circulation, en cas de garantie accidents de la vie privée ou en cas de responsabilité du fait d’un tiers ou des choses couverte par une assurance), mais également devant un tribunal (le choix de la négociation ou de la procédure judiciaire fera l’objet d’un article spécifique).

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Les diverses hypothèses d’accident corporel ouvrant droit à indemnisation

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La première question qu’il faut se poser lorsque l’on a subi un dommage corporel et que l’on souhaite obtenir réparation est celle de l’existence ou non d’un cas d’indemnisation prévu par la loi ou par un contrat.

En effet, il existe des dispositions spécifiques en droit français qui prévoient expressément la possibilité d’être indemnisé et dessinent les contours et les conditions de cette indemnisation. En revanche, de nombreuses hypothèses d’accidents corporels ne font pas l’objet d’une disposition légale spécifique prévoyant l’indemnisation de la victime. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe aucun moyen d’en obtenir l’indemnisation.

Les accidents corporels dont l’indemnisation est prévue par la loi sont, pour l’essentiel, les suivants:

  • les accidents de la circulation et de la voie publique, dont l’indemnisation est prévue par la loi du 5 juillet 1985 dite loi « Badinter ». Toutes les victimes ne sont pas pour autant automatiquement indemnisées; en effet, il faut ici distinguer suivant que la victime est conducteur d’un véhicule terrestre à moteur, passager, ou piéton. Il convient de préciser que lorsque le conducteur responsable n’est pas assuré, ou s’il a pris la fuite et n’a pas été identifié, la victime peut obtenir l’indemnisation de son préjudice par le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO), tout comme lorsque la victime a subi l’accident à l’étranger;
  • les victimes d’un acte de terrorisme ou d’une infraction sont indemnisées devant la Commission d’indemnisation des Victimes d’Infraction par le Fonds de Garantie des victimes d’actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) ;
  • les victimes d’un aléa thérapeutique sont indemnisées par l’Office National d’indemnisation des Victimes d’accidents Médicaux (ONIAM). Cet organisme prend également en charge l’indemnisation des victimes d’accidents médicaux, et celles d’affections iatrogènes, dans certaines hypothèses. Ici, il existe des conditions quant au dommage subi, qui doit être relativement important;
  • les victimes d’infection nosocomiale sont indemnisées par l’établissement dans lequel l’infection a été contractée, selon l’article L1142-1 I du Code de la santé publique ;
  • les victimes de l’amiante sont indemnisées par le Fonds d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante (FIVA), et par l’employeur lorsqu’il est démontré qu’il a commis une faute inexcusable, c’est-à-dire, notamment, qu’il avait conscience du danger auquel était soumis son employé et qu’il n’a pas tout mis en oeuvre pour empêcher le dommage ;
  • les victimes du fait d’un tiers (les parents sont responsables du fait de leurs enfants, les commettants du fait de leur préposé), dans les conditions posées par l’article 1384 du Code civil et de la jurisprudence, ainsi que les victimes des bâtiments en ruine, des animaux ou des produits défectueux, dans les conditions posées par les articles 1385, 1386, et 1386-1 et suivants du Code civil;

Les accidents corporels dont l’indemnisation n’est pas prévue par la loi peuvent néanmoins faire l’objet d’une indemnisation dans certaines hypothèses:

  • si un responsable est identifié et qu’il est démontré qu’il a commis une faute à l’origine du préjudice, selon les dispositions générales de l’article 1382 du Code civil ; en matière de responsabilité médicale, l’hypothèse type est celle d’une faute d’un médecin selon l’article L1142-1 du Code de la santé publique ;
  • si une garantie sur les accidents de la vie privée a été contractée par la victime, en fonction des conditions prévues par le contrat, notamment quant au dommage subi (ainsi, les garanties prévoient généralement un seuil de dommage en-dessous duquel le risque n’est pas couvert; ce seuil est bien souvent un déficit fonctionnel permanent de l’ordre de 10%) ;
  • si la jurisprudence a prévu une obligation de résultat à la charge du responsable. C’était le cas pour les infections nosocomiales, avant la loi du 4 mars 2002, qui a attribué une base légale à ce régime de responsabilité.

D’une manière générale, les victimes de dommage corporel dont l’indemnisation est prévue par la loi ont peu de difficulté à obtenir l’indemnisation de leur préjudice. C’est tout particulièrement le cas en matière d’accidents de la circulation: l’assureur prendra généralement attache, dans son propre intérêt, directement avec la victime afin de l’indemniser car la loi le lui impose, mais également car une victime qui dispose d’un temps de réflexion risquera de prendre conseil auprès d’un spécialiste ce qui aura pour effet d’augmenter les demandes d’indemnisation.

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